vendredi 15 août 2014

Stage d'écriture



Pastel de Legrand louis Auguste Mathieu

Un stage d'écriture intitulé "Écrire l'amour" ; 5 journées quelque part à la campagne et 10 propositions d'écriture.
Des participants tous très écrivants. Certains ont déjà publié, qui un roman, qui un recueil, qui des articles ou des livres "sérieux" ... Je détonne mais leur bienveillance ou la politesse ou leur indifférence font que cette semaine me fut tout de même fort profitable. Deux écueils : les clichés, les bons sentiments dégoulinants et la pornographie. Pour ce dernier, pas de danger, mais pour les clichés, rien n'est moins sûr. Repérer dans les textes d'écrivains ( Claude Simon, Stendhal, Annie Ernaux, Celan, Louise labbé, Julien Gracq, Beckett....)comment le sentiment ou le désir est donné sans être dit, voilà une belle leçon d'écriture ! Un tel stage c'est aussi l'occasion de percevoir son propre fonctionnement, découvrir les interstices   du désir ou de sa mémoire,  faire des rapprochements... Je ne suis pas prude, pourtant je suis la seule du groupe à ne pas avoir décrit une scène d'amour...Je me suis arrêtée au seuil de la chambre, au bord du fantasme ou de la rêverie. Ah ! ça m'interroge, forcément. Je n'ai pas pour autant avancé sur mon projet d'écriture de nouvelles. Elles sont toutes à revoir ou à reconsidérer y compris dans leur forme. L'écriture en fragments pourrait peut être répondre à de nouvelles exigences. Il se pourrait bien que je remette à plus tard,  ou même que je renonce...


jeudi 14 août 2014

Lecture (6)



Beaucoup de temps de transport en juillet et août et donc beaucoup de temps pour la lecture.
 C'est le hasard qui m'a amenée à lire deux livres sur la vieillesse à moins que ce soit la thématique de la mémoire qui m'intéresse particulièrement ...
Je vous avais déjà parlé du roman de Michel Torrekens Le géranium de Monsieur Jean, un roman (voir lecture 1) et de Des phrases courtes ma chérie un récit témoignage de Pierrette Fleutiaux (voir lecture 4)
J'ai poursuivi cette veine avec

Les vieilles de pascale Gauthier
" par l'éditeur : Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore. Alors elles passent leur temps chez le coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des mœurs... Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge ?
J'ai lu de nombreuses critiques sur ce livre et je crois que pour y "entrer", le mieux serait que quelqu'un vous fasse la lecture à haute voix, chapitre par chapitre. On verrait alors que c'est un livre extrêmement bien construit, avec des clins d’œil, des relances, des chutes superbes. Le ton est décalé, et l'humour est construit sur ce décalage entre des petites scènes de la vie quotidienne anodines, et la gravité ou la tendresse ou la fraîcheur qui en émane. Derrière l'humour, il y a quelque chose de plus profond que l'apparente légèreté. C'est drôllissime, jamais méchant. Tout simplement Irrésistible ! Un léger bémol : comme le livre utilise la même veine humoristique, ces répétitions m'ont semblé un peu longues sur la fin.


Mais le plus remarquable c'est sans doute  Les centenaires de Philippe Adam (Attention pas Olivier Adam mais bien Philippe.) J'ai été bluffée, scotchée  tout à fait stupéfiée  par ce récit tout à fait irrévérencieux et politiquement incorrect. J'ai A/do/ré ! L'auteur raconte un monde où les centenaires

mardi 8 juillet 2014

Les frères Humboldt



Une exposition fort intéressante aujourd'hui sur ces deux frères que nous avons rencontrés plusieurs fois dans nos lectures : l'un qui restera dans l'histoire comme linguiste, Wilhelm, l'autre, géographe, scientifique : Alexander.
Comme je suis une éternelle sentimentale, j'ai été touchée par la relation fraternelle, par le partage de leur réflexions, leurs nombreux échanges, les nombreuses interactions, dans leurs parcours respectifs et tout au long de leur vie. Par exemple, Wilhelm a eu une importante correspondance avec Champollion et imposera à Berlin ses thèses sur le système de traduction des hiéroglyphes égyptiens qui suscitaient alors de nombreuses controverses ; Alexander, lui travaillera sur des hiéroglyphes d'Amérique, ramènera des codex mexicains, des cartes, des calendriers, des systèmes de numération pour mieux comprendre les rapports des habitants avec le monde qui les entourait et pour mettre en lumière les liens entre les différents systèmes. Et Wilhelm d'écrire comme en écho"L'étude des langues de la Terre est infiniment liée à l’histoire universelle des pensées et des sentiments de l'Humanité. Elle permet de décrire l'Homme dans tous les domaines et toutes les étapes de sa culture." (Fragments de monographies sur les Basques 1801).
Également, un tout petit autoportrait au crayon d'Alexander, émouvant, qui montre un homme au regard intense, tourmenté par la curiosité et par l'intelligence.
A noter aussi, la place de Caroline, l'épouse de Wilhlem et j'imagine les discussions passionnées, les questionnements partagés...
Ci-dessous la présentation de l'exposition par Bénédicte Savoy.

Les frères Guillaume (1767-1835) et Alexandre de Humboldt (1769-1859) appartiennent à la génération qui eut 20 ans en 1789.

lundi 23 juin 2014

Juin



Oh le joli mois de juin que celui-ci !
Douze jours doux et sereins, un lâcher-prise total jamais expérimenté jusqu'alors, pour moi du moins, Krako ayant été rattrapé par des urgences professionnelles.

Un trajet, des sites d’abord, associés à de très vieux souvenirs du temps où mon père travaillait de chantier en chantier : le pont du Gard, Lassalle et la  prospérité perdue de ses fabriques de soieries,  ma première école à Quissac, puis Bordeaux, une muséographie tout à fait remarquable de son musée des Beaux Arts et une expo nostalgique sur l'orientalisme, la côte Atlantique, Arcachon, le château de Preignac, les vignes de Podensac, Barsac et enfin, la bucolique vallée du Lot, Conques, Saint Cyr la Popie, Cajarc, Figeac, les villages noirs du Périgord...

Des rencontres et des retrouvailles : la fête des six soissantenaires à Lassalle, Taco un peu bedonnant, les tempes grisonnantes et séductrices de Philippe, la gentillesse empathique de Marianne et Guy, les  rides émouvantes et fort élégantes de mon p'tit frère Olivier. Ce fut aussi le  projet enthousiasmant de nos amis finlandais autour des archives de Gorsky, un p’tit rendez vous insolite avec Anne et la perception amusante d'une certaine communauté de vues, l'idée d'une cousinade en germe, sans oublier la cuisine étoilée de Luisa ma belle-sœur, enfin et surtout la complicité de mon indéfectible amie Hélène.

Tout cela vécu dans une sorte de torpeur physique et intellectuelle une paresse délicieuse, voluptueuse : le vélo, le GR 65, le kayak et la spéléo, tant pis, ce sera pour une autre fois !

Pour finir en musique ce petit périple,

dimanche 22 juin 2014

Lectures (5)


Le japon comme ma poche de Jean-Yves Cendray
C'est l'histoire d'un homme résolument sédentaire qui se contraint à  retrouver une soudaine demi soeur japonaise, fruit des amours illicites de son infâme géniteur. Il est désagréable, antipathique, renfrogné, bougon, misanthrope au possible et résiste à tous les étonnements du voyage.  A peine  se laisse-t-il  un jour détourner de sa grognerie devant le spectacle d'un temple pour aussitôt tempérer un enthousiasme qui lui aurait échappé par hasard.
C'est d'une drôlerie irrésistible ; la scène de son départ de Berlin et de l'inventaire des désagréments potentiels du voyage est inénarrable. C'est aussi une attaque en règle du mythe du voyage épanouissant car notre héros est d'une critique cinglante sur le comportement humain où qu'il se trouve.
 J'ai adoré et rit toute seule dans le métro ; Krako pas du tout !

Dix yuans pour un concombre de Celia Levi
Je coupe-colle l'article de Michel Abescat dans Télérama car je n'ai rien à ajouter si ce n'est une petite réserve sur le style qui parfois frise le cliché.
Le titre annonce la couleur. Cash. Dix Yuans un kilo de concombres. C'est d'argent dont il est question, la référence principale, la valeur indépassable d'un monde de plus en plus soumis à sa loi. Celle du capitalisme financier, dominant et arrogant. L'histoire se passe à Shanghai, où l'auteure, d'origine chinoise par sa mère, a récemment vécu pendant un an.
Celia Levi met en scène un homme, Xiao Fei, et sa famille, recroquevillés dans leur maison située dans un quartier ancien et délabré, cerné par les pelleteuses, écrasé par le vacarme des chantiers alentours. De plus en plus près. Xiao Fei, qui appartient à la « génération des sacrifiés » de la Révolution culturelle, observe autour de lui les « immeubles s'émietter comme des gâteaux secs ». Au-dehors, le « progrès » est en marche, « l'argent, les voitures, les autoroutes » envahissent l'espace, avec la légèreté

dimanche 11 mai 2014

Chema Madoz

J'ai découvert ce photographe espagnol dans une expo à Paris cet hiver et je suis sous le charme. 
Chema Madoz photographie des objets glanés ici et là, les extrait de leur banalité,  les marie, les détourne de leur fonction première, et cela produit des images inattendues, décalées, poétiques, étranges. Quelque chose entre poésie, surréalisme et sourire.





sans le nommer

...................................
 Du mal qu'une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J'en porte l'âme déchirée
Jusqu'à mourir.
Mais j'aime trop pour que je die
Qui j'ose aimer,
..........................................

Alfred de Musset
(Chanson de Fortunio)
photo : Chema  Madoz

mercredi 7 mai 2014

Ma tribu



 La Sainte Victoire était hier en blanc et violet.
Lumineuse et rugueuse à la fois.
Pas le temps de la randonner pour cause de mariage de ma sœur. 
Hélène, c'est quand tu veux ! Comme autrefois !
Et vous autres aussi !
L' occasion ce week-end de rassembler ma tribu à Aix.
Un pur bonheur !

lundi 28 avril 2014

photographes voyageurs

Itinéraires de photographes voyageurs
Bordeaux avril 2014, des expos en veux-tu en voilà !
Je n'ai pas eu le temps de tout voir, mais je m'autorise cependant un petit commentaire. 
 Je ne mentionnerai pas les images inquiétantes de Marine Lanier ni celles de Umbra pour ses jeux d'ombre et de lumière végétale sépia, ni même celles d'Aurelia Fray pour laquelle j'ai une tendresse particulière (à cause d'une autre de ses séries sur le Fayoum petit village égyptien qui nous a accueillis, il y a si longtemps...)
 Je ne retiendrai donc que  les photos de Andrea et de Zaïda car elles sont consolatrices et qu' en ce moment  j'ai besoin d'être cocoonée, pas bousculée; un besoin  de poésie, de beauté, de plaisir.
Andrea Schmitz pour sa série "Vision" : Hambourg sous la neige.
Zaïda Akersen pour "My white desert" qui me rappelle "MA" Finlande. J'ai retrouvé le contraste entre l'intérieur, bulle intime qu'est ce petit mökki en rondins de bois- la chaleur du thé, la lumière des bougies, le confort des coussins- et l'extérieur. J'aime ce presque blanc, ce à peine bleu  (tiens ! Ce sont les deux couleurs du drapeau finlandais !), les bruits étouffés par la neige, ce silence étrange, qui rend solitaire, cet espace vide qui, selon où se posent les yeux, se rétracte ou au contraire s'élargit jusqu'à l'infini, une lumière givrée et piquante, le froid parfois extrême qui, paradoxalement, brûle à l'intérieur, comme pour rappeler qu'on est encore vivant !  

 
 Non, je ne regrette rien, mais j'aime me souvenir. Jamais je n'aurais imaginé, moi l'italienne, lorsque je pleurais toutes les larmes de mon corps à l'annonce de notre nouvelle destination - Helsinki alors que nous étions à Alger - que ces années là seraient exceptionnellement denses. Jamais  je n'aurais imaginé aimer ces paysages,  prendre goût à la force du silence, me découvrir Autre (comme la seconde face de Janus) et enfin repartir différente*, avec une sensorialité modifiée et un nouveau filtre d'appréhension du monde.  Merci Claudine, Mikko, Pentii, ... à qui je dois cette mutation.
*Et avec un troisième petit baby






samedi 26 avril 2014

lectures (4)

(Photo de Adeline )
Longs trajets en RER.
Du temps pour lire, relire mais pas autant que je l'espérais, du travail inattendu est arrivé.
Mais quand même je suis en état de vous proposer :

PLAGE de Marie Sizun ****
Une plage bretonne, une pension de famille :  Marie a rendez vous avec l'homme qu'elle aime. Pendant cette semaine elle va réfléchir, revivre leur rencontre, et petit à petit comprendre l'évidence : il ne viendra pas.
Cette attente va la transformer; la révéler à elle-même. C'est beau, fin, pas forcément triste mais il se dégage une très grande solitude de ce texte court et bien écrit.

Des phrases courtes ma chérie  de Pierrette Fleutiaux****
L'auteur raconte l'accompagnement de sa mère dans  la grande vieillesse ; c'est aussi l'histoire d'une relation mère/fille, dans toute son ambiguïté et sa complexité car l'auteur  entrevoit en miroir son propre vieillissement et ce qu'il implique pour elle même.  Ce livre fourmille d'observations fines et , de descriptions de tout petits faits  sur la modification  que l'âge apporte, une analyse juste et cruellement lucide. J'ai été bouleversée par cet écrit autobiographique.

Un train pour Lisbonne de Pascal Mercier*****
Une femme mystérieuse qu'il sauve du suicide, un  livre découvert par hasard vont bouleverser la vie du très sage et érudit  Raimond Gregorius. Un jour, en plein cours de latin, il se lève et part sur les traces de l' auteur de ce livre  : Amadeu de Prado. L'enquête l'entraîne dans une ronde de personnages fortement dessinés qui l'ont connu. Leurs témoignages convergent vers cet homme et cernent en même temps, comme par une série de cercles concentriques, la personnalité de Gregorius.
C'est tout à fait étonnant, remarquablement écrit et j'aurais tellement aimé que cet écrivain existe vraiment ! A lire absolument !

Bizarre de Roal Dahl et Kiss kiss****
On connait bien cet auteur anglais pour ses  livres jeunesse. Ces écrits là sont d'un tout autre genre. Pour adultes confirmés !
Des petites nouvelles drôles, cocasses, loufoques,  à la frontière du comique et du fantastique. Délicieux.

L'Amour au temps du choléra De  Garcia Marquez.*******
Ce géant de la littérature sud américaine est décédé il y a quelques jours. Je relu celui-ci. Je crois que c'est mon  préféré.
A la fin du XIX siècle, en Colombie, deux jeunes gens ,  Fermina Daza et Florentino Ariza, s'aiment.  Bravant les interdits, en cachette, ils échangent des lettres d' amour. L'histoire veut que Fermina rejette Florentino et épouse Juvenal Urbino, médecin , issu d'une famille riche. Elle oublie un peu vite que Florentino lui avait dit qu'il l'aimerait pour l'éternité.... Elle vit sa vie de femme mariée avec enfants, petits-enfants et drames du quotidien, sans amour. Lui passe sa vie à l'admirer de loin, à l'aimer en silence, en prenant soin de ne pas aimer une autre femme pour ne pas la trahir. Plus de 50 ans après,  Fermina est veuve et il  renouvelle sa déclaration à Fermina. Est-ce que des personnes de plus de 70 ans peuvent s'aimer et retrouver ce qu'ils ont perdu?
L'Amour au temps du choléra est l'histoire de toutes les formes que prend l'Amour, de toutes ses déclinaisons possibles.
D'abord l'amour passionné, platonique, épistolaire, romancé et idéalisé de deux jeunes gens à la fin du XIX siècle. Puis l'amour raisonnable d'un couple qui grandit, qui se fortifie avec les années communes, quand chacun devient indispensable à l'autre. « Ils étaient comme un seul être divisé en deux...ensemble, ils avaient dépassé les incompréhensions quotidiennes, les haines instantanées, les mesquineries réciproques.... ce fut l'époque où ils s'aimèrent le mieux, sans hâte et sans excès, et tous deux furent plus conscients et plus reconnaissants que jamais de leurs invraisemblables victoires sur l'adversité. »
Il y a aussi les amours purement physiques de l'homme seul qui attend son élue. Et puis l'amour qui arrive à une époque de la vie qui n'espère plus, qui est censé ne plus rien attendre, amour capable encore de faire des miracles ou de folles actions : l'Amour du troisième ou quatrième âge…
Quelle extraordinaire façon d'écrire pour aborder la totalité du sentiment amoureux dans toute son imperfection mais aussi sa force et sa beauté !Un livre rempli de poésie, d'espoir dans une langue magnifique,sensorielle.
C'est un livre qui marque dont les traces subsistent longtemps après l'avoir refermé. Superbe !
ierrette Fleutiaux nous conduit dans les sables mouvants où l'a entraînée la vieillesse de sa mère. Mère qui, pour les rédactions, à l'école, lui conseillait "des petites phrases courtes". La remarquable romancière, qui renonce pour la première fois à la fiction, réussit par une "mise en tension des mots" à pénétrer des mondes qui, sans les moyens qu'exige la littérature, "resteraient inconnus". Le récit s'articule en chapitres porteurs de mots clés, qui retracent l'existence de la vieille dame, depuis son départ, pour cause d'études, de la ferme de ses parents jusqu'à sa résidence de retraite dans une petite préfecture du Limousin où sa fille lui rend visite régulièrement, jusqu'à la fin. Pendant sept ans. Cet ultime accompagnement, où jamais la tendresse n'empêche la lucidité, est un modèle de finesse. De tact. D'intelligence. Un chef-d'oeuvre.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/des-phrases-courtes-ma-cherie_805355.html#cqc09R6FUgOuVhmA.99
ierrette Fleutiaux nous conduit dans les sables mouvants où l'a entraînée la vieillesse de sa mère. Mère qui, pour les rédactions, à l'école, lui conseillait "des petites phrases courtes". La remarquable romancière, qui renonce pour la première fois à la fiction, réussit par une "mise en tension des mots" à pénétrer des mondes qui, sans les moyens qu'exige la littérature, "resteraient inconnus". Le récit s'articule en chapitres porteurs de mots clés, qui retracent l'existence de la vieille dame, depuis son départ, pour cause d'études, de la ferme de ses parents jusqu'à sa résidence de retraite dans une petite préfecture du Limousin où sa fille lui rend visite régulièrement, jusqu'à la fin. Pendant sept ans. Cet ultime accompagnement, où jamais la tendresse n'empêche la lucidité, est un modèle de finesse. De tact. D'intelligence. Un chef-d'oeuvre.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/des-phrases-courtes-ma-cherie_805355.html#cqc09R6FUgOuVhmA.9



 

samedi 19 avril 2014

Deux expos



















Deux expositions qui méritent le détour,  toutes les deux sur  ce pays  : la Chine
Celle de Jules  Itier, douanier de profession, qui montre les premières photos de Chine en Occident prises en 1844. Exposition très didactique au théâtre national de l'Agora à Evry qui devient une antenne du musée de la photographie Abert Khan. On comprend les difficultés des premiers temps à faire un daguerréotype c'est à dire à former une image sur  une plaque de verre et l'évolution de la technique.  Passionnant !

La seconde : Terracotta daugters de Prune Nourny
 Dans la continuation de son projet Holy Daughters en Inde, Prune s’intéresse aujourd’hui sur la sélection du sexe en Chine. Elle infiltre la culture locale et s’inspire des fameux soldats de Terracotta, (X'ian)  si symboliques, pour créer une armée de 116 Terracotta Daughters, grandeur nature.
Au 104 jusqu'en août.

lundi 17 mars 2014

A 30 km de Paris

photo 1-1
photo 1-2
Derrière chez moi, savez-vous quoi qu'il y a ?
Il y a un p'tit bois derrière chez moi,
Il y a des chemins qui sentent la noisette
Il y a très tôt le matin un héron qu'on dérange 
des oiseaux qui pioupioutent  
des lapins qui folâtrent et parfois un chevreuil 
aussi peureux que les violettes qui s'étalent à l'ombre du sous-bois
Et tant de choses encore
Il y a tout ça derrière chez moi
A 30 km à peine de Paris.


Pourtant j'ai des envies d'ailleurs. 
Puissantes.
J'ai lu Sépulveda et depuis 
je rêve de voir fleurir le désert d'Atacama 
de traverser le haut plateau bolivien
de visiter Cartagena de Indias
de monter au Chimborazo
de visiter l'île des géants en Birmanie
et  de voir, enfin ! la baie d'Along.
Quelques projets en route de poste intéressant (chut !) 
qui me permettraient d'allier finances et voyages....





mercredi 12 mars 2014

Gérard

Gérard, un ami, un vrai. 
Fidèle.  Indéfectible.
L'ami c'est cette personne à qui on ne dit pas tout mais à qui on peut tout dire. Un repère solide et confiant sur nos routes respectives.
Nous sommes rarement d'accord et bien que  nos rencontres se soient espacées, je m'inquiète pour lui ou me réjouis c'est selon ... 
il y a entre nous une sorte de bienveillance naturelle et tendre
"parce que c'était lui, parce que c'était moi"

Cette semaine il fêtait ses 60 ans.
Il a réuni le temps d'un week end, des personnes qui ont compté dans sa vie,collègues et proches. 
Et moi qui rechigne en général à la compagnie d' inconnus, moi qui craint ces rassemblements, que je vis comme des sortes de bilans  mitigés -voire cruels- en ce qui me concerne même si je sais que je suis "injuste" en disant cela
Et bien là, ce fut doux, plein de sens, de délicatesse, de profondeur, d'échanges, une succession de petits moments de grâce.
Et même l'expérience terriblement inconfortable de la nuit, dans la bulle au milieu de la forêt (formule originale que je peux maintenant  déconseiller...) avait quelque chose de burlesque et de décalé : à l'image de notre rencontre à Aix aux gad'zards, il y a ....
(je dois d'abord faire une soustraction.. ;-)) 38 ans ?



mercredi 26 février 2014

Paco de Lucia

Paco est mort aujourd'hui. 
Et me reviennent les "bœufs" de Georges (le corse) et ses amis musiciens qui jouaient pendant que moi, jamais très loin je bossais...
Rythmes de bossa nova, samba, jazz, flamenco ont bercé mes soirées, mes nuits parfois. J'avais vingt ans.
Quelle chance j'ai eue de vivre cela !

https://www.youtube.com/watch?v=2oyhlad64-s

et cet article du nouvel obs :
 http://tempsreel.nouvelobs.com/video/20140226.OBS7693/paco-de-lucia-3-videos-mythiques-du-genie-du-flam




vendredi 14 février 2014

Spleen

                         Le ciel était trop bleu,trop tendre,
                         la mer trop verte et l'air trop doux.
                         ...................................Je suis las,
                         Et de la campagne infinie
                         Et de tout, fors de vous, hélas !
(Verlaine)