samedi 22 août 2015

Lectures (9)




Pas de méga coups de coeur mais des textes intéressants à plus d'un titre :


Une fenêtre au hasard de Pia Peterson. Roman Actes sud 2010
Une femme solitaire observe quotidiennement une fenêtre vide de l'immeuble d'en face. Pour tromper son isolement, elle écrit, s'invente des histoires, caressant l'espoir que quelque chose se passe un jour de l'autre côté de la rue des Martyrs. Quand un homme emménage dans l'appartement, il devient l'objet de toutes les attentions de celle qui l'épie désormais tendrement, passionnément - et qui s'achète bientôt des jumelles. Notre personnage  voyeuse intrusive va fantasmer sur  cet inconnu, lire son courrier et lui écrire anonymement des lettres d'amour. 
On la voit petit à petit dériver, à la limite de la raison, crevant littéralement  de solitude dans cette ville où les gens passent à côté les uns des autres sans se voir.  Les phrases et les mots redondants nous enferment avec elle dans cette histoire sobre et entêtante.

Peste et choléra de Patrick Deville ; Prix fémina 2012
"Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené l'existence la plus mouvementée. "Ce n'est pas une vie que de ne pas bouger", écrit-il. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise."
Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.
Krako a adoré ce roman historique. Moi, je suis plus réservée. Le style m'a géné : ces phrases nominales si nombreuses, cette manière de naviguer entre des périodes  passées et futures m'a destabilisée. J'aurais préféré rencontrer Yersin, ce personnage certes fascinant mais pas sympathique pour un sou, dans un documentaire.

Les autres de Alice Ferney
Réunion familale pour l'anniversaire de Théo : Son frère Niels lui offre un jeu de questions à caractère psychologique où il est question de cerner les caractères des uns et des autres. Autour de la table, Moussia la mère mais aussi plusieurs amis Claude, Marina, Fleur et Estelle. le jeu va très vite engendrer des tensions, révéler des failles, des fragilités, susciter des règlements de compte....
Ce roman est un huis-clos où les personnages apparaissent de manière subtile, dans leur complexité et leur unicité. L'analyse des personnages est très fine et tout sonne vrai dans ce qui les unit.
J'avais aimé "grâce et dénuement" et la conversation amoureuse pour cette raison.
Mais ici, la construction si elle est originale, - trois parties : choses pensées, choses dites, choses rapportées, trois manières de raconter la même histoire- n'apporte rien de plus qu'une seule de ces parties. Je me suis ennuyée à la fin tout en reconnaissant l'intérêt de cet exercice.

Ils ont rêvé d'un autre monde  (20014 chez Flammarion)
Laurent Vidal, spécialiste du Brésil,  enseigne l'histoire contemporaine à l'Université de La Rochelle ou de Clermont Ferrant, je ne sais plus.
Je l'avais rencontré l'an dernier dans un petit café au cours des "rendez-vous de l'histoire" à Blois et son histoire m'avait plu.
Au cours de ses recherches sur un tout autre sujet, il est tombé sur un document qui relatait la rencontre entre l'empereur du Brésil (qui n'avait alors que 15 ans) et un  français qui le remerciait d'avoir rendu possible l'arrivée de français qui exprimaient la volonté de bâtir un phalanstère. Monsieur Vidal n'a que très peu d'éléments mais il va partir sur les traces de ces français "qui en 1841partent s'installer au Brésil pour oeuvrer à la rénovation de l'humanité" sur les principes de Fourier.
On entre dans une époque que je connais mal, pleine d'acteurs qui tissent l'histoire sociale du XIX siècle.  J'ai donc pataugé dans les courants philosophiques, politiques de l'époque. Ce fut une lecture un peu difficile, beaucoup de notes, de références ; je lis d'ordinaire peu d'essais historiques or cela demande une compétence de lecture spécifique mais cette épopée migratoire, l'histoire de ces hommes, qui rêvent de fonder une société idéale et harmonieuse  m'a fascinée. Tout simplement.




lundi 25 mai 2015

Camille Claudel





Ouverture du musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine en septembre 2015
http://www.museecamilleclaudel.com/ 





dimanche 26 avril 2015

Lecture (8)


 Vis à vis de Gail  Halaban : un très beau livre de photos qui fait penser à la vie mode d'emploi de Pérec,  à l'immeuble Yacoubian de Aal El Asnawy. Des pans de vie.  Je m'en servirai pour le prochain atelier d'écriture.         

A la librairie café, le thème du mois était la littérature espagnole : on rappelle donc après l’œuvre de Cervantes que je ne connais pas et que je me suis promis de lire cet été
Le japon n'existe pas de Alberto Torez Blandina que que j'avais tant aimé voir lectures7

La tableau du maître flamand de  Arturo Perez Reberte
Sur la toile, peinte il y a cinq siècles, un seigneur et un chevalier jouent aux échecs, observés depuis le fond par une femme en noir. Détail curieux : le peintre a exécuté ce tableau deux ans après la mort mystérieuse d'un des joueurs et a tracé l'inscription "Qui a pris le cavalier ?", également traduisible par "Qui a tué le cavalier ?".
 Et c'est ainsi que l'histoire, la peinture et la logique mathématique viennent multiplier les dimensions d'une intrigue elle-même aussi vertigineuse que le jeu d'échecs ...
Un des meilleurs thriller que j'aie jamais lu.

Amour, Prozac et autres curiosités  Lucia Etxebarria
Ana, Rosa et Cristina, trois sœurs, parlent de leur vie, de leurs amours, de leurs déboires, de ce qui leur manque pour être heureuses et accomplies.
Les trois sœurs sont touchantes, malgré leur dépendance à divers drogues ou anti-dépresseurs. Elles font de leur mieux mais elles galèrent pas mal. C'est relevé, parfois cru, dans un humour cynique et tendre à la fois. C'est vivant, libre et sans concession, dit avec beaucoup de justesse et de sensibilité. J'ai adoré.

Les soldats de Salamine de Javier Cercas
Dans les derniers jours de la guerre civile espagnole, l'écrivain Rafael Sanchez Mazas, un des fondateurs de la Phalange, échappe au peloton d'exécution des troupes républicaines en déroute grâce à un soldat qui, bien que l'ayant vu, lui laisse la vie sauve. Soixante ans plus tard, un journaliste s'attache au destin des deux adversaires qui ont joué leur vie dans un seul regard et entreprend de recueillir des témoignages pour transformer cette histoire en fiction.
Bouleversant !

Plus léger
Les miraculeuses aventures de Pomponius Flatus de Eduardo Mendoza (2009)
Au premier siècle de notre ère, le philosophe et naturaliste Pomponius Flatus entreprend un voyage aux confins de l'Empire romain à la recherche d'eaux miraculeuses. Le hasard conduit ses pas à Nazareth, où le tribun Appius Pulcher doit procéder à l'exécution du charpentier du village, accusé du meurtre d'un riche citoyen répondant au nom d'Epulon. Convaincu de l'innocence de son père, le fils du charpentier, un enfant charmant mais quelque peu étrange, supplie Pomponius, moyennant finances, de mener l'enquête et de découvrir le vrai coupable. Roman policier, évangile apocryphe, récit historique, parodie de best-seller, pied de nez à toutes les censures religieuses, Les Aventures miraculeuses de Pomponius Flatus est sans doute le livre le plus érudit, le plus provocateur et le plus férocement drôle jamais écrit par Eduardo Mendoza.

Je suis promenée sur les listes proposées par Babelio  et que c'est tentant!
Je me suis laissée aller au plaisir de la simple lecture de titres. Il s'en dégage une grande poésie, des univers qui se croisent, se confrontent, s'accompagnent, j'adore faire cela !
Ainsi sur la seule liste de littérature espagnole de 612 titres :  l'éveil de mademoiselle Prim ; l'idée ridicule de ne jamais te revoir ; tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi ;  instructions pour sauver le monde ; l'amour en minuscule ; un jour je reviendrai ; la carte du temps ; l'île des jacinthes coupées ;ce qui n'est pas écrit ; si tu manges un citron sans faire de grimaces... J'adore !










jeudi 16 avril 2015

Zellige / Richard / Encres vives / Fouad Laroui / Provins / Hubert Haddad, Marie Sizun / les autres et moi (1)





Mais qu'est-ce qui m'a donc pris ce week-end de me rendre à deux séances de dédicace dont l'une à Provins au festival "Encres vives", alors que je déteste proprement ce genre d'évènements  ? 
 Venir quémander ainsi un autographe comme un supporter d'un club de foot, me met fort mal à l'aise . Je m'y sens toujours très bête dans une posture fort ridicule  du style ; " J'adooooore ce que vous faites !" et avec ma silhouette de rombière ménopausée c'est encore pire : je fais vieille groupie provinciale (sans jeu de mots). Quelle horreur !
En fait je n'ai que des expériences négatives des salons du livre : trop de monde, trop de livres et pas (plus) de fric.

Alors ? La faute au doux soleil printanier d'avril ? L' impérieuse nécessité de quitter quelques heures le boulot qui m'assomme encore pour quelques semaines ? La curiosité sans doute qui m'a poussée à voir à quoi pouvait bien ressembler Fouad Laroui ? Ce monsieur m'intriguait : son parcours de transclasse, sa thèse sur le drame linguistique marocain, son humour, sa légèreté caustique, sa façon de décrire la bêtise humaine avec ironie et la misère sans pleurnicherie,  sa manière aussi de débusquer de la grandeur humaine, de la poésie chez les sans grade,  bref tant  de détails que j'aurais voulu vérifier. 
 Ce qui est bien évidemment impossible !  Il m'a quand même paru coller aux représentations que j'en avais : une cool attitude, une  porosité au monde et à ses habitants qui  entremêle l'empathie, une sorte de bienveillante posture à une réflexion d'érudit (on suppute aussi une intelligence hors norme.) 
J'ai  lu un nombre certain de ses ouvrages. J'aime résolument cette palette de tons avec cependant une petite réserve : j'ai parfois éprouvé le désir de trouver  un adjectif plus précis, plus juste, une formulation plus "tenue", comme s'il avait écrit un peu trop vite.  C'est juste une remarque de lectrice.
Le titre du bouquin qui a donné lieu à une rencontre d'une petite demie heure, c'est d'un pays sans frontière : essai sur la littérature de l'exil  
 Pour moi qui ai vécu plusieurs expatriations longues, je retrouve ce thème du frottement à l'altérité ; c'est pourquoi ce(s) bouquin(s) résonne(nt)  très très fort. Je me retrouve dans ces personnages qui ne sont jamais tout à fait bien "assis",  dans cette sensation d'être souvent à coté de ce qui est attendu,  l'autre devenant alors un miroir déformant. Sensation d’hyper (extra?) lucidité aussi.On touche, on voit ce que les autres ne voient pas.
Cette rencontre de la différence, souvent plus subie que choisie, plus ou moins "agressive", accentue, je crois,  toutes les sensations, rend le monde plus vibrant, plus coloré, la vie plus intense : les moments de joie se font exaltation, euphorie, les interrogations plus existentielles, les manques  plus criants, les défaites plus humiliantes.
 Bizarrement cette rencontre fut pour moi toujours structurante par la déstabilisation même qu'elle provoque. Peut être est ce la raison pour laquelle maintenant j'aime perdre mes repères et vérifier "ceux qui tiennent". Je me suis longtemps essayé à "peser" ce que ces expériences m'avaient apporté ou enlevé. Bien vaine recherche ! Toutefois, c'est l'impression d'avoir perdu qui prédomine : l' énergie folle à courir, toujours courir derrière une vie professionnelle qui à chaque pas se dérobe, l'énergie déployée pour qu'elle  soit un tant soit peu valorisante (et valorisée), le regret d'avoir été empêchée de faire une "carrière" qui m'aurait amenée au plus près de ce que je sais faire... Quant aux  relations amicales elles sont rapidement altérées par les multiples arrivées/départs : et mince !  Pourquoi diable c'est toujours moi qui suis à l'initiative d'un café, d'un message téléphonique ? Il faudrait aussi parler  des relations familiales bancales dues à un dialogue insuffisant, l'énergie étant tout entière tournée vers cette adaptation d'urgence,
Aujourd'hui, s'il était à refaire, je ne le referai pas ce chemin. je me planquerais quelque part solitaire : broderie, livres peinture et jardin.
Réorganiser ses repères  est épuisant et je suis (très) fatiguée.
Je ne suis pas certaine de réussir le prochain départ dans six mois. 


(1) un clin d'oeil à la célèbre photo familiale intitulée : Marx, Lénine et moi

samedi 21 février 2015

Larguer les amarres


Pourquoi est-ce plus difficile cette fois-ci ? 
Pourquoi je n'y crois pas ? 
Pourquoi ne suis-je pas folle de joie, excitée, déjà dans l’après? 
Est-ce l'âge qui fait craindre l'échec? 
Ses répercussions seraient-elles plus graves, plus lourdes de conséquences parce qu'on va vers "l'arrière-saison", vers l'automne de notre vie ? 
Ou bien le fait d'être si engagée professionnellement m'empêcherait-il de me projeter vers un ailleurs alors que je goûte pleinement le présent ici  et maintenant ?
Je n'ai pas peur de quitter cette maison, ni cette région mais je crains un manque d'énergie pour re-commencer.
Et si c'était le départ de trop ? 
Celui qui nous ferait dériver... longtemps avant d'arriver à bon port.

samedi 17 janvier 2015

chambre bleue, claire

Depuis fort longtemps, dire qu'une couleur est froide ou chaude me dérange. 
Malgré l'intérêt et les recherches que j'ai pu menées sur ce point, ce concept me résistait jusqu'à ce que je visionne la série "chambre claire, bleue" des photographes aixois Audrey Barthes  et Michel Amaral. Oui, la maladie est froide, lorsque la fièvre tombe et que la mort approche.
Cette série sera à l'itinéraire des photographes voyageurs à Bordeaux du 1er au 30 avril.

lundi 29 décembre 2014

J'm'voyais déjà



J’ai postulé il y a deux semaines pour un poste de coordinatrice pédagogique à … Tanger. J’avais LE profil du poste. Et depuis deux semaines, je rêvais de soleil, d’une petite brise de mer, de petites ruelles blanches dans la Casbah, de murs dégoulinants de bougainvilliers, d’odeurs de jasmins montant à la tombée du jour ….. l’appel du large quoi !
Et je m’apprêtais à vivre ce dernier chapitre professionnel dans l'enthousiasme et la créativité, mille idées à développer...
J'ai oublié  un temps, ma relation intoxiquée avec ma fille  par cette histoire de mariage, qui réécrit l'histoire à sa main (bientôt entrera dans la légende familiale que j'avais autre chose de prévu ce jour là !), une situation professionnelle précaire et inconfortable, la santé de Pierre le père de Krako qui se dégrade de jour en jour, des bugs conjugaux en tout genre...
Et puis .... RIEN ! 
Je retombe dans la morosité ambiante à l'exception d'une superbe expo sur Hokusai au grand palais qui a (ré)enchanté pour quelque temps un quotidien qui manque cruellement de luminosité (et de perspective).


dimanche 7 décembre 2014

Lecture 7




 Le japon n'existe pas de Alberto Torres Blandina
 C'est une petite merveille lue de ces dernières semaines. C'est l'histoire de Salvador, balayeur (bavard) qui travaille dans un aéroport, qui s'attarde avec des passagers en partance en leur racontant des histoires, en leur prodiguant des conseils.
A chaque rencontre, Salvador dévide une histoire à tiroirs, de fil en aiguille les anecdotes se suivent, se télescopent, se répondent. Certaines s’enchâssent, se prolongent, sont reprises. Salvador est aède, Pénélope, Shéhérazade, l’incarnation d’une oralité fabuleuse — que sa femme disparue, Leonor, appelait de « l’incontinence verbale ». Un passeur qui transmet des histoires qui lui ont été racontées (ou qu’il a inventées ?) à ces auditeurs choisis : « quand on dit que la réalité dépasse la fiction, c’est bien vrai. Il suffit de tendre l’oreille et on en entend de belles ».
A lire. Absolument.

 http://blogs.mediapart.fr/edition/les-mains-dans-les-poches/article/240612/le-japon-n-existe
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Je viens de terminer Pas pleurer. prix Goncourt 2014 et je suis encore sous le charme, sans voix, sous le coup de l'émotion puissante, brute, encore sous l'emprise de ce roman tout simplement extraordinaire.
J'ai lu nombre de critiques mais aucune ne parle ni ne développe ce que j'ai vu et aimé dans ce roman.
Je suis étonnée qu'aucune critique  ne retienne la virtuosité   la richesse de la langue que l'auteur a portée pour faire parler sa mère : une sorte de fragnol des plus délicieux qui soit, parfois malicieux, parfois coquin ou philosophe. J'ai entendu la voix de ma  grand-mère qui n'était pas espagnole mais qui avait le même rapport au monde, rugueux et poétique à la fois.
Ce sera le livre de l'année pour moi, à moins que d'ici là je tombe sur une autre petite merveille.

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mardi 14 octobre 2014

Long week end à Blois

 
Krako qui connait la France presque comme sa poche, ne connaissait pas Blois. Moi si,  pour avoir fait une super rando de plusieurs jours à vélo le long de la Loire il y a une dizaine d'années et qui suis de plus ou moins près depuis 2007 les rendez-vous de l'histoire qui s'y déroulent.Cette année ce fut de plus près.  Et ensemble. Mon intérêt pour l'histoire est moins aiguisé que le sien, différent aussi,  mais nous nous sommes accordés pour suivre une série de conférences, rencontres, table ronde autour du thème des rebelles. 
Passons sur ce terme si polysémique et sur ce questionnement qui nous emmènerait sur des chemins de traverse psycho socio historico philosophiques. Ce qui restera ce ne sont pas les grandes conférences pour les vrais historiens fussent-ils du dimanche, ce sont quelques rencontres fortes, parfois émouvantes : entendre  Jean-Paul Grangaud-médecin à Alger qui a soigné (sauvé?) notre Clémence  -témoigner sur "Ces Français qui sont restés..." par exemple. Comment vivent-ils aujourd'hui dans cette Algérie qu'ils avaient  sans doute, espérée autre...La présentation d'un livre de Dominique Sommonot, sur la grande grève des mineurs en 1948 m'a passionnée ou comment la Gauche a trahi ces hommes de la manière la plus choquante et humiliante qui soit après la guerre... Krako se pose la question d'une manipulation (venue de l'Est) jamais évoquée. Nous avons évité les trop grand-messes et avions retenu des petites interventions plus modestes lorsque l'accès était complet aux rencontres plus "sérieuses". Nous avons ainsi croisé Didier Daenincks à plusieurs reprises. Sa galerie de portraits extraordinaires, placés dans  des contextes historiques souvent sombres dont Krako vérifie avec minutie les détails et les références, me ravit. Quel sens de l'écoute il doit avoir pour débusquer ainsi des parcours incroyables telle la très belle et intense rencontre avec Henri Krasuki dont l'histoire personnelle donnera "un violon dans la nuit" : très bel album jeunesse aux éditions "rue du monde".Enfin, nous avons rencontré dans un petit café qui sentait bon la Lusitanie, Pierre Vidal, historien à l'Univeristé de Clermont-Ferrant je crois,  qui a enquêté sur 500 français qui sont partis construire un phalanstère au Brésil en 1843: tout à fait passionnant... Le prochain thème est déjà donné : les empires. Je suis beaucoup moins inspirée...

mercredi 17 septembre 2014

Baie de Somme

 Une petite virée en baie de Somme.
Nous avons décidé avec Krako de faire quelque chose ensemble un week-end par mois.
Je veux dire par là, un week-end entier par mois sans travail !!!! Ce qui demande beaucoup d'énergie et d'organisation !
Ce sera Blois et les rendez-vous de l'histoire en Octobre, la Corse en Novembre, Bruxelles en décembre et Bordeaux en janvier...





vendredi 15 août 2014

Stage d'écriture



Pastel de Legrand louis Auguste Mathieu

Un stage d'écriture intitulé "Écrire l'amour" ; 5 journées quelque part à la campagne et 10 propositions d'écriture.
Des participants tous très écrivants. Certains ont déjà publié, qui un roman, qui un recueil, qui des articles ou des livres "sérieux" ... Je détonne mais leur bienveillance ou la politesse ou leur indifférence font que cette semaine me fut tout de même fort profitable. Deux écueils : les clichés, les bons sentiments dégoulinants et la pornographie. Pour ce dernier, pas de danger, mais pour les clichés, rien n'est moins sûr. Repérer dans les textes d'écrivains ( Claude Simon, Stendhal, Annie Ernaux, Celan, Louise labbé, Julien Gracq, Beckett....)comment le sentiment ou le désir est donné sans être dit, voilà une belle leçon d'écriture ! Un tel stage c'est aussi l'occasion de percevoir son propre fonctionnement, découvrir les interstices   du désir ou de sa mémoire,  faire des rapprochements... Je ne suis pas prude, pourtant je suis la seule du groupe à ne pas avoir décrit une scène d'amour...Je me suis arrêtée au seuil de la chambre, au bord du fantasme ou de la rêverie. Ah ! ça m'interroge, forcément. Je n'ai pas pour autant avancé sur mon projet d'écriture de nouvelles. Elles sont toutes à revoir ou à reconsidérer y compris dans leur forme. L'écriture en fragments pourrait peut être répondre à de nouvelles exigences. Il se pourrait bien que je remette à plus tard,  ou même que je renonce...


jeudi 14 août 2014

Lecture (6)



Beaucoup de temps de transport en juillet et août et donc beaucoup de temps pour la lecture.
 C'est le hasard qui m'a amenée à lire deux livres sur la vieillesse à moins que ce soit la thématique de la mémoire qui m'intéresse particulièrement ...
Je vous avais déjà parlé du roman de Michel Torrekens Le géranium de Monsieur Jean, un roman (voir lecture 1) et de Des phrases courtes ma chérie un récit témoignage de Pierrette Fleutiaux (voir lecture 4)
J'ai poursuivi cette veine avec

Les vieilles de pascale Gauthier
" par l'éditeur : Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore. Alors elles passent leur temps chez le coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des mœurs... Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge ?
J'ai lu de nombreuses critiques sur ce livre et je crois que pour y "entrer", le mieux serait que quelqu'un vous fasse la lecture à haute voix, chapitre par chapitre. On verrait alors que c'est un livre extrêmement bien construit, avec des clins d’œil, des relances, des chutes superbes. Le ton est décalé, et l'humour est construit sur ce décalage entre des petites scènes de la vie quotidienne anodines, et la gravité ou la tendresse ou la fraîcheur qui en émane. Derrière l'humour, il y a quelque chose de plus profond que l'apparente légèreté. C'est drôllissime, jamais méchant. Tout simplement Irrésistible ! Un léger bémol : comme le livre utilise la même veine humoristique, ces répétitions m'ont semblé un peu longues sur la fin.


Mais le plus remarquable c'est sans doute  Les centenaires de Philippe Adam (Attention pas Olivier Adam mais bien Philippe.) J'ai été bluffée, scotchée  tout à fait stupéfiée  par ce récit tout à fait irrévérencieux et politiquement incorrect. J'ai A/do/ré ! L'auteur raconte un monde où les centenaires

mardi 8 juillet 2014

Les frères Humboldt



Une exposition fort intéressante aujourd'hui sur ces deux frères que nous avons rencontrés plusieurs fois dans nos lectures : l'un qui restera dans l'histoire comme linguiste, Wilhelm, l'autre, géographe, scientifique : Alexander.
Comme je suis une éternelle sentimentale, j'ai été touchée par la relation fraternelle, par le partage de leur réflexions, leurs nombreux échanges, les nombreuses interactions, dans leurs parcours respectifs et tout au long de leur vie. Par exemple, Wilhelm a eu une importante correspondance avec Champollion et imposera à Berlin ses thèses sur le système de traduction des hiéroglyphes égyptiens qui suscitaient alors de nombreuses controverses ; Alexander, lui travaillera sur des hiéroglyphes d'Amérique, ramènera des codex mexicains, des cartes, des calendriers, des systèmes de numération pour mieux comprendre les rapports des habitants avec le monde qui les entourait et pour mettre en lumière les liens entre les différents systèmes. Et Wilhelm d'écrire comme en écho"L'étude des langues de la Terre est infiniment liée à l’histoire universelle des pensées et des sentiments de l'Humanité. Elle permet de décrire l'Homme dans tous les domaines et toutes les étapes de sa culture." (Fragments de monographies sur les Basques 1801).
Également, un tout petit autoportrait au crayon d'Alexander, émouvant, qui montre un homme au regard intense, tourmenté par la curiosité et par l'intelligence.
A noter aussi, la place de Caroline, l'épouse de Wilhlem et j'imagine les discussions passionnées, les questionnements partagés...
Ci-dessous la présentation de l'exposition par Bénédicte Savoy.

Les frères Guillaume (1767-1835) et Alexandre de Humboldt (1769-1859) appartiennent à la génération qui eut 20 ans en 1789.

lundi 23 juin 2014

Juin



Oh le joli mois de juin que celui-ci !
Douze jours doux et sereins, un lâcher-prise total jamais expérimenté jusqu'alors, pour moi du moins, Krako ayant été rattrapé par des urgences professionnelles.

Un trajet, des sites d’abord, associés à de très vieux souvenirs du temps où mon père travaillait de chantier en chantier : le pont du Gard, Lassalle et la  prospérité perdue de ses fabriques de soieries,  ma première école à Quissac, puis Bordeaux, une muséographie tout à fait remarquable de son musée des Beaux Arts et une expo nostalgique sur l'orientalisme, la côte Atlantique, Arcachon, le château de Preignac, les vignes de Podensac, Barsac et enfin, la bucolique vallée du Lot, Conques, Saint Cyr la Popie, Cajarc, Figeac, les villages noirs du Périgord...

Des rencontres et des retrouvailles : la fête des six soissantenaires à Lassalle, Taco un peu bedonnant, les tempes grisonnantes et séductrices de Philippe, la gentillesse empathique de Marianne et Guy, les  rides émouvantes et fort élégantes de mon p'tit frère Olivier. Ce fut aussi le  projet enthousiasmant de nos amis finlandais autour des archives de Gorsky, un p’tit rendez vous insolite avec Anne et la perception amusante d'une certaine communauté de vues, l'idée d'une cousinade en germe, sans oublier la cuisine étoilée de Luisa ma belle-sœur, enfin et surtout la complicité de mon indéfectible amie Hélène.

Tout cela vécu dans une sorte de torpeur physique et intellectuelle une paresse délicieuse, voluptueuse : le vélo, le GR 65, le kayak et la spéléo, tant pis, ce sera pour une autre fois !

Pour finir en musique ce petit périple,