samedi 17 janvier 2015

chambre bleue, claire

Depuis fort longtemps, dire qu'une couleur est froide ou chaude me dérange. 
Malgré l'intérêt et les recherches que j'ai pu menées sur ce point, ce concept me résistait jusqu'à ce que je visionne la série "chambre claire, bleue" des photographes aixois Audrey Barthes  et Michel Amaral. Oui, la maladie est froide, lorsque la fièvre tombe et que la mort approche.
Cette série sera à l'itinéraire des photographes voyageurs à Bordeaux du 1er au 30 avril.

lundi 29 décembre 2014

J'm'voyais déjà



J’ai postulé il y a deux semaines pour un poste de coordinatrice pédagogique à … Tanger. J’avais LE profil du poste. Et depuis deux semaines, je rêvais de soleil, d’une petite brise de mer, de petites ruelles blanches dans la Casbah, de murs dégoulinants de bougainvilliers, d’odeurs de jasmins montant à la tombée du jour ….. l’appel du large quoi !
Et je m’apprêtais à vivre ce dernier chapitre professionnel dans l'enthousiasme et la créativité, mille idées à développer...
J'ai oublié  un temps, ma relation intoxiquée avec ma fille  par cette histoire de mariage, qui réécrit l'histoire à sa main (bientôt entrera dans la légende familiale que j'avais autre chose de prévu ce jour là !), une situation professionnelle précaire et inconfortable, la santé de Pierre le père de Krako qui se dégrade de jour en jour, des bugs conjugaux en tout genre...
Et puis .... RIEN ! 
Je retombe dans la morosité ambiante à l'exception d'une superbe expo sur Hokusai au grand palais qui a (ré)enchanté pour quelque temps un quotidien qui manque cruellement de luminosité (et de perspective).


dimanche 7 décembre 2014

Lecture 7




 Le japon n'existe pas de Alberto Torres Blandina
 C'est une petite merveille lue de ces dernières semaines. C'est l'histoire de Salvador, balayeur (bavard) qui travaille dans un aéroport, qui s'attarde avec des passagers en partance en leur racontant des histoires, en leur prodiguant des conseils.
A chaque rencontre, Salvador dévide une histoire à tiroirs, de fil en aiguille les anecdotes se suivent, se télescopent, se répondent. Certaines s’enchâssent, se prolongent, sont reprises. Salvador est aède, Pénélope, Shéhérazade, l’incarnation d’une oralité fabuleuse — que sa femme disparue, Leonor, appelait de « l’incontinence verbale ». Un passeur qui transmet des histoires qui lui ont été racontées (ou qu’il a inventées ?) à ces auditeurs choisis : « quand on dit que la réalité dépasse la fiction, c’est bien vrai. Il suffit de tendre l’oreille et on en entend de belles ».
A lire. Absolument.

 http://blogs.mediapart.fr/edition/les-mains-dans-les-poches/article/240612/le-japon-n-existe
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Je viens de terminer Pas pleurer. prix Goncourt 2014 et je suis encore sous le charme, sans voix, sous le coup de l'émotion puissante, brute, encore sous l'emprise de ce roman tout simplement extraordinaire.
J'ai lu nombre de critiques mais aucune ne parle ni ne développe ce que j'ai vu et aimé dans ce roman.
Je suis étonnée qu'aucune critique  ne retienne la virtuosité   la richesse de la langue que l'auteur a portée pour faire parler sa mère : une sorte de fragnol des plus délicieux qui soit, parfois malicieux, parfois coquin ou philosophe. J'ai entendu la voix de ma  grand-mère qui n'était pas espagnole mais qui avait le même rapport au monde, rugueux et poétique à la fois.
Ce sera le livre de l'année pour moi, à moins que d'ici là je tombe sur une autre petite merveille.

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mardi 14 octobre 2014

Long week end à Blois

 
Krako qui connait la France presque comme sa poche, ne connaissait pas Blois. Moi si,  pour avoir fait une super rando de plusieurs jours à vélo le long de la Loire il y a une dizaine d'années et qui suis de plus ou moins près depuis 2007 les rendez-vous de l'histoire qui s'y déroulent.Cette année ce fut de plus près.  Et ensemble. Mon intérêt pour l'histoire est moins aiguisé que le sien, différent aussi,  mais nous nous sommes accordés pour suivre une série de conférences, rencontres, table ronde autour du thème des rebelles. 
Passons sur ce terme si polysémique et sur ce questionnement qui nous emmènerait sur des chemins de traverse psycho socio historico philosophiques. Ce qui restera ce ne sont pas les grandes conférences pour les vrais historiens fussent-ils du dimanche, ce sont quelques rencontres fortes, parfois émouvantes : entendre  Jean-Paul Grangaud-médecin à Alger qui a soigné (sauvé?) notre Clémence  -témoigner sur "Ces Français qui sont restés..." par exemple. Comment vivent-ils aujourd'hui dans cette Algérie qu'ils avaient  sans doute, espéré autre...La présentation d'un livre de Dominique Sommonot, sur la grande grève des mineurs en 1948 m'a passionnée ou comment la Gauche a trahi ces hommes de la manière la plus choquante et humiliante qui soit après la guerre... Krako se pose la question d'une manipulation (venue de l'Est) jamais évoquée. Nous avons évité les trop grand-messes et avions retenu des petites interventions plus modestes lorsque l'accès était complet aux rencontres plus "sérieuses". Nous avons ainsi croisé Didier Daenincks à plusieurs reprises. Sa galerie de portraits extraordinaires, placés dans  des contextes historiques souvent sombres dont Krako vérifie avec minutie les détails et les références, me ravit. Quel sens de l'écoute il doit avoir pour débusquer ainsi des parcours incroyables telle la très belle et intense rencontre avec Henri Krasuki dont l'histoire personnelle donnera "un violon dans la nuit" : très bel album jeunesse aux éditions "rue du monde".Enfin, nous avons rencontré dans un petit café qui sentait bon la Lusitanie, Pierre Vidal, historien à l'Univeristé de Clermont-Ferrant je crois,  qui a enquêté sur 500 français qui sont partis construire un phalanstère au Brésil en 1843: tout à fait passionnant... Le prochain thème est déjà donné : les empires. Je suis beaucoup moins inspirée...

mercredi 17 septembre 2014

Baie de Somme

 Une petite virée en baie de Somme.
Nous avons décidé avec Krako de faire quelque chose ensemble un week-end par mois.
Je veux dire par là, un week-end entier par mois sans travail !!!! Ce qui demande beaucoup d'énergie et d'organisation !
Ce sera Blois et les rendez-vous de l'histoire en Octobre, la Corse en Novembre, Bruxelles en décembre et Bordeaux en janvier...





vendredi 15 août 2014

Stage d'écriture



Pastel de Legrand louis Auguste Mathieu

Un stage d'écriture intitulé "Écrire l'amour" ; 5 journées quelque part à la campagne et 10 propositions d'écriture.
Des participants tous très écrivants. Certains ont déjà publié, qui un roman, qui un recueil, qui des articles ou des livres "sérieux" ... Je détonne mais leur bienveillance ou la politesse ou leur indifférence font que cette semaine me fut tout de même fort profitable. Deux écueils : les clichés, les bons sentiments dégoulinants et la pornographie. Pour ce dernier, pas de danger, mais pour les clichés, rien n'est moins sûr. Repérer dans les textes d'écrivains ( Claude Simon, Stendhal, Annie Ernaux, Celan, Louise labbé, Julien Gracq, Beckett....)comment le sentiment ou le désir est donné sans être dit, voilà une belle leçon d'écriture ! Un tel stage c'est aussi l'occasion de percevoir son propre fonctionnement, découvrir les interstices   du désir ou de sa mémoire,  faire des rapprochements... Je ne suis pas prude, pourtant je suis la seule du groupe à ne pas avoir décrit une scène d'amour...Je me suis arrêtée au seuil de la chambre, au bord du fantasme ou de la rêverie. Ah ! ça m'interroge, forcément. Je n'ai pas pour autant avancé sur mon projet d'écriture de nouvelles. Elles sont toutes à revoir ou à reconsidérer y compris dans leur forme. L'écriture en fragments pourrait peut être répondre à de nouvelles exigences. Il se pourrait bien que je remette à plus tard,  ou même que je renonce...


jeudi 14 août 2014

Lecture (6)



Beaucoup de temps de transport en juillet et août et donc beaucoup de temps pour la lecture.
 C'est le hasard qui m'a amenée à lire deux livres sur la vieillesse à moins que ce soit la thématique de la mémoire qui m'intéresse particulièrement ...
Je vous avais déjà parlé du roman de Michel Torrekens Le géranium de Monsieur Jean, un roman (voir lecture 1) et de Des phrases courtes ma chérie un récit témoignage de Pierrette Fleutiaux (voir lecture 4)
J'ai poursuivi cette veine avec

Les vieilles de pascale Gauthier
" par l'éditeur : Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore. Alors elles passent leur temps chez le coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des mœurs... Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge ?
J'ai lu de nombreuses critiques sur ce livre et je crois que pour y "entrer", le mieux serait que quelqu'un vous fasse la lecture à haute voix, chapitre par chapitre. On verrait alors que c'est un livre extrêmement bien construit, avec des clins d’œil, des relances, des chutes superbes. Le ton est décalé, et l'humour est construit sur ce décalage entre des petites scènes de la vie quotidienne anodines, et la gravité ou la tendresse ou la fraîcheur qui en émane. Derrière l'humour, il y a quelque chose de plus profond que l'apparente légèreté. C'est drôllissime, jamais méchant. Tout simplement Irrésistible ! Un léger bémol : comme le livre utilise la même veine humoristique, ces répétitions m'ont semblé un peu longues sur la fin.


Mais le plus remarquable c'est sans doute  Les centenaires de Philippe Adam (Attention pas Olivier Adam mais bien Philippe.) J'ai été bluffée, scotchée  tout à fait stupéfiée  par ce récit tout à fait irrévérencieux et politiquement incorrect. J'ai A/do/ré ! L'auteur raconte un monde où les centenaires

mardi 8 juillet 2014

Les frères Humboldt



Une exposition fort intéressante aujourd'hui sur ces deux frères que nous avons rencontrés plusieurs fois dans nos lectures : l'un qui restera dans l'histoire comme linguiste, Wilhelm, l'autre, géographe, scientifique : Alexander.
Comme je suis une éternelle sentimentale, j'ai été touchée par la relation fraternelle, par le partage de leur réflexions, leurs nombreux échanges, les nombreuses interactions, dans leurs parcours respectifs et tout au long de leur vie. Par exemple, Wilhelm a eu une importante correspondance avec Champollion et imposera à Berlin ses thèses sur le système de traduction des hiéroglyphes égyptiens qui suscitaient alors de nombreuses controverses ; Alexander, lui travaillera sur des hiéroglyphes d'Amérique, ramènera des codex mexicains, des cartes, des calendriers, des systèmes de numération pour mieux comprendre les rapports des habitants avec le monde qui les entourait et pour mettre en lumière les liens entre les différents systèmes. Et Wilhelm d'écrire comme en écho"L'étude des langues de la Terre est infiniment liée à l’histoire universelle des pensées et des sentiments de l'Humanité. Elle permet de décrire l'Homme dans tous les domaines et toutes les étapes de sa culture." (Fragments de monographies sur les Basques 1801).
Également, un tout petit autoportrait au crayon d'Alexander, émouvant, qui montre un homme au regard intense, tourmenté par la curiosité et par l'intelligence.
A noter aussi, la place de Caroline, l'épouse de Wilhlem et j'imagine les discussions passionnées, les questionnements partagés...
Ci-dessous la présentation de l'exposition par Bénédicte Savoy.

Les frères Guillaume (1767-1835) et Alexandre de Humboldt (1769-1859) appartiennent à la génération qui eut 20 ans en 1789.

lundi 23 juin 2014

Juin



Oh le joli mois de juin que celui-ci !
Douze jours doux et sereins, un lâcher-prise total jamais expérimenté jusqu'alors, pour moi du moins, Krako ayant été rattrapé par des urgences professionnelles.

Un trajet, des sites d’abord, associés à de très vieux souvenirs du temps où mon père travaillait de chantier en chantier : le pont du Gard, Lassalle et la  prospérité perdue de ses fabriques de soieries,  ma première école à Quissac, puis Bordeaux, une muséographie tout à fait remarquable de son musée des Beaux Arts et une expo nostalgique sur l'orientalisme, la côte Atlantique, Arcachon, le château de Preignac, les vignes de Podensac, Barsac et enfin, la bucolique vallée du Lot, Conques, Saint Cyr la Popie, Cajarc, Figeac, les villages noirs du Périgord...

Des rencontres et des retrouvailles : la fête des six soissantenaires à Lassalle, Taco un peu bedonnant, les tempes grisonnantes et séductrices de Philippe, la gentillesse empathique de Marianne et Guy, les  rides émouvantes et fort élégantes de mon p'tit frère Olivier. Ce fut aussi le  projet enthousiasmant de nos amis finlandais autour des archives de Gorsky, un p’tit rendez vous insolite avec Anne et la perception amusante d'une certaine communauté de vues, l'idée d'une cousinade en germe, sans oublier la cuisine étoilée de Luisa ma belle-sœur, enfin et surtout la complicité de mon indéfectible amie Hélène.

Tout cela vécu dans une sorte de torpeur physique et intellectuelle une paresse délicieuse, voluptueuse : le vélo, le GR 65, le kayak et la spéléo, tant pis, ce sera pour une autre fois !

Pour finir en musique ce petit périple,

dimanche 22 juin 2014

Lectures (5)


Le japon comme ma poche de Jean-Yves Cendray
C'est l'histoire d'un homme résolument sédentaire qui se contraint à  retrouver une soudaine demi soeur japonaise, fruit des amours illicites de son infâme géniteur. Il est désagréable, antipathique, renfrogné, bougon, misanthrope au possible et résiste à tous les étonnements du voyage.  A peine  se laisse-t-il  un jour détourner de sa grognerie devant le spectacle d'un temple pour aussitôt tempérer un enthousiasme qui lui aurait échappé par hasard.
C'est d'une drôlerie irrésistible ; la scène de son départ de Berlin et de l'inventaire des désagréments potentiels du voyage est inénarrable. C'est aussi une attaque en règle du mythe du voyage épanouissant car notre héros est d'une critique cinglante sur le comportement humain où qu'il se trouve.
 J'ai adoré et rit toute seule dans le métro ; Krako pas du tout !

Dix yuans pour un concombre de Celia Levi
Je coupe-colle l'article de Michel Abescat dans Télérama car je n'ai rien à ajouter si ce n'est une petite réserve sur le style qui parfois frise le cliché.
Le titre annonce la couleur. Cash. Dix Yuans un kilo de concombres. C'est d'argent dont il est question, la référence principale, la valeur indépassable d'un monde de plus en plus soumis à sa loi. Celle du capitalisme financier, dominant et arrogant. L'histoire se passe à Shanghai, où l'auteure, d'origine chinoise par sa mère, a récemment vécu pendant un an.
Celia Levi met en scène un homme, Xiao Fei, et sa famille, recroquevillés dans leur maison située dans un quartier ancien et délabré, cerné par les pelleteuses, écrasé par le vacarme des chantiers alentours. De plus en plus près. Xiao Fei, qui appartient à la « génération des sacrifiés » de la Révolution culturelle, observe autour de lui les « immeubles s'émietter comme des gâteaux secs ». Au-dehors, le « progrès » est en marche, « l'argent, les voitures, les autoroutes » envahissent l'espace, avec la légèreté

dimanche 11 mai 2014

Chema Madoz

J'ai découvert ce photographe espagnol dans une expo à Paris cet hiver et je suis sous le charme. 
Chema Madoz photographie des objets glanés ici et là, les extrait de leur banalité,  les marie, les détourne de leur fonction première, et cela produit des images inattendues, décalées, poétiques, étranges. Quelque chose entre poésie, surréalisme et sourire.





sans le nommer

...................................
 Du mal qu'une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J'en porte l'âme déchirée
Jusqu'à mourir.
Mais j'aime trop pour que je die
Qui j'ose aimer,
..........................................

Alfred de Musset
(Chanson de Fortunio)
photo : Chema  Madoz

mercredi 7 mai 2014

Ma tribu



 La Sainte Victoire était hier en blanc et violet.
Lumineuse et rugueuse à la fois.
Pas le temps de la randonner pour cause de mariage de ma sœur. 
Hélène, c'est quand tu veux ! Comme autrefois !
Et vous autres aussi !
L' occasion ce week-end de rassembler ma tribu à Aix.
Un pur bonheur !

lundi 28 avril 2014

photographes voyageurs

Itinéraires de photographes voyageurs
Bordeaux avril 2014, des expos en veux-tu en voilà !
Je n'ai pas eu le temps de tout voir, mais je m'autorise cependant un petit commentaire. 
 Je ne mentionnerai pas les images inquiétantes de Marine Lanier ni celles de Umbra pour ses jeux d'ombre et de lumière végétale sépia, ni même celles d'Aurelia Fray pour laquelle j'ai une tendresse particulière (à cause d'une autre de ses séries sur le Fayoum petit village égyptien qui nous a accueillis, il y a si longtemps...)
 Je ne retiendrai donc que  les photos de Andrea et de Zaïda car elles sont consolatrices et qu' en ce moment  j'ai besoin d'être cocoonée, pas bousculée; un besoin  de poésie, de beauté, de plaisir.
Andrea Schmitz pour sa série "Vision" : Hambourg sous la neige.
Zaïda Akersen pour "My white desert" qui me rappelle "MA" Finlande. J'ai retrouvé le contraste entre l'intérieur, bulle intime qu'est ce petit mökki en rondins de bois- la chaleur du thé, la lumière des bougies, le confort des coussins- et l'extérieur. J'aime ce presque blanc, ce à peine bleu  (tiens ! Ce sont les deux couleurs du drapeau finlandais !), les bruits étouffés par la neige, ce silence étrange, qui rend solitaire, cet espace vide qui, selon où se posent les yeux, se rétracte ou au contraire s'élargit jusqu'à l'infini, une lumière givrée et piquante, le froid parfois extrême qui, paradoxalement, brûle à l'intérieur, comme pour rappeler qu'on est encore vivant !  

 
 Non, je ne regrette rien, mais j'aime me souvenir. Jamais je n'aurais imaginé, moi l'italienne, lorsque je pleurais toutes les larmes de mon corps à l'annonce de notre nouvelle destination - Helsinki alors que nous étions à Alger - que ces années là seraient exceptionnellement denses. Jamais  je n'aurais imaginé aimer ces paysages,  prendre goût à la force du silence, me découvrir Autre (comme la seconde face de Janus) et enfin repartir différente*, avec une sensorialité modifiée et un nouveau filtre d'appréhension du monde.  Merci Claudine, Mikko, Pentii, ... à qui je dois cette mutation.
*Et avec un troisième petit baby